Hac die Dominico Gaudete, Communitas Gervasii Quenard sensit momentum ingentis gaudii, quod vocationi caritatis in Cosuma Butembo-Beni immissa est. Miramur nos circiter quindecim oblatos postulantes Assumptionis visitationem recipere. Hic conventus calidus nobis permisit exprimere familiarem spiritum carissimum Patri D'Alzon et nostram misericordiam erga aegrotos fratres. Pulchrum testimonium gaudii quod Christus dat!

Butembo-Beni: Homilia Ioannis Pauli Musangani Kombi in Missa uigiliarum Patrum Célestin Kasavolo, AA.

KAKULE KALEMBERYA Moses, a.a 237 1
Butembo-Beni : Homélie du Père Jean-Paul Musangania Kombi lors de la Messe de la veillée mortuaire du Père Célestin Kasavolo, AA
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Lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8,31b-39, Psaume 102 (103), Evangile : Luc 12, 35-40

Frères et sœurs,

Nous nous rassemblons aujourd'hui dans la foi pour célébrer cette Eucharistie en mémoire de notre frère, le Père Célestin Kasavolo, que le Seigneur a rappelé à Lui. Notre cœur est habité à la fois par la tristesse de la séparation et par l'espérance que fait naître la Résurrection. La Parole de Dieu que nous venons d'entendre éclaire admirablement le mystère que nous célébrons aujourd'hui. « Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées. » Ces paroles de Jésus semblent avoir été écrites pour résumer toute l'existence sacerdotale du Père Célestin. Elles dessinent le portrait d'un homme de Dieu qui a choisi de demeurer fidèle jusqu'au bout, dans une disponibilité discrète, efficace et sans faille, au service du Christ et de son Église, sur les traces de notre vénérable Fondateur, Emmanuel d'Alzon.

« Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées. » Le Seigneur demande certes de travailler dans sa vigne, mais plus encore, il demande à ses disciples de demeurer vigilants, prêts à accueillir leur Maître à tout instant. Cette vigilance est celle de la fidélité. C'est précisément ce qui a caractérisé toute la vie du Père Célestin. Homme de foi, mûrie par l'expérience et le témoignage de toute une vie, le Père Célestin était avenant, mais d'un tempérament discret. Il fuyait les feux des projecteurs et les honneurs. Il n'avait pas besoin d'être au premier plan pour accomplir une œuvre immense, notamment comme l'un des piliers de notre procure à Bruxelles. Sa grandeur résidait dans cette fidélité quotidienne qui le faisait demeurer en tenue de service par sa disponibilité constante, son écoute fraternelle, la qualité de son ministère et surtout par une vie de prière fervente et assidue qui nourrissait toute son action.

Le Père Célestin était avant tout un homme de Dieu. Ceux qui l'ont connu savent combien la prière occupait une place centrale dans son existence. Le premier souvenir que je garde de lui est de l'avoir rencontré, seul, dans l'église de la Madeleine, attendant d'éventuels pénitents pour le sacrement de la réconciliation. Je lui avais dit : « Mais Père, il n'y a plus personne ! » Il m'avait répondu avec un sourire : « J'attends encore une heure, pour être bien sûr que personne ne viendra. » Voilà tout le Père Célestin. Avant de parler de Dieu, il parlait avec Dieu. C'est dans ce dialogue quotidien avec le Seigneur qu'il puisait cette paix intérieure qui frappait tous ceux qui l'approchaient. Il ne répondait jamais à la provocation ; il préférait sourire et laisser passer. Voilà pourquoi il demeurait serein, même dans les situations les plus délicates. Son ministère n'était pas une simple fonction ; il était le prolongement d'une profonde intimité avec le Christ, le Bon Pasteur.

Le Père Célestin fut également un religieux exemplaire. Là où l'obéissance l'envoyait, il allait avec simplicité, sans jamais rechercher ses intérêts personnels. Il savait accueillir, écouter, réconcilier, encourager et accompagner. Son autorité ne s'imposait jamais par la force, mais par la bonté, la patience et l'exemple. Il comprenait que le prêtre est l'homme de la Parole, de la prière et de l'unité. Il rassemble le peuple de Dieu, sanctifie la communauté chrétienne et rend présent le Christ qui continue aujourd'hui encore de nourrir son Église.

Après une longue maladie de plus de deux ans, le Père Célestin n'a pas choisi l'heure de son départ ; c'est le Seigneur qui est venu frapper à sa porte. Mais lorsque cette heure est arrivée, il était prêt. Il avait gardé sa lampe allumée. Il avait conservé la tenue de service. Il avait vécu son sacerdoce comme une longue attente confiante de son Seigneur. Aujourd'hui, cette fidélité trouve son accomplissement dans la rencontre définitive avec Celui qu'il a annoncé, célébré et servi durant toute son existence. Désormais, c'est le Christ lui-même qui l'accueille au banquet éternel et qui le sert, selon la promesse même de l'Évangile.

Nous sommes aujourd'hui conscients de perdre une figure importante de notre aventure missionnaire. Peut-être les jeunes générations ne mesureront-elles pas pleinement tout ce que le Père Célestin a représenté pour notre Province. Pourtant, son influence demeure immense. Il fut l'un des artisans les plus constants et les plus fidèles de la collaboration interprovinciale entre les Provinces assomptionnistes d'Afrique et d'Europe. Pendant de nombreuses années, il a travaillé avec un dévouement exemplaire à la procure de la Province d'Afrique, à Bruxelles, mettant ses compétences, sa rigueur et son sens des responsabilités au service de la mission. Parallèlement, il s'est généreusement engagé dans la pastorale paroissiale à Bruxelles, où il annonçait l'Évangile, célébrait les sacrements et accompagnait les fidèles avec la même disponibilité. Il savait unir le service discret de l'administration au zèle apostolique du pasteur. Sa sagesse était recherchée, son discernement écouté et son expérience précieuse. Sans bruit, avec une remarquable humilité, il contribuait au rayonnement de notre famille religieuse.

Il était un homme audacieux, déterminé et tenace. Son courage ne faisait jamais de bruit. On ne l'a jamais vu s'emporter, agacer ou blesser les autres. Cette douceur évangélique lui permettait d'apaiser les tensions, de construire des ponts entre les personnes et de favoriser la communion. Dans une époque où les divisions fragilisent souvent nos communautés, son témoignage demeure une leçon précieuse pour chacun de nous.

À vous, chers confrères consacrés, cette célébration devient un appel. Le plus bel hommage que nous puissions rendre au Père Célestin n'est pas seulement de rappeler ses qualités, mais de poursuivre son œuvre avec la même fidélité. Le Christ continue aujourd'hui de nous dire : « Veillez, priez et tenez-vous prêts. » Il insiste parce qu'il sait combien il est facile d'oublier nos promesses, de laisser s'affaiblir notre premier amour ou de nous laisser absorber par les multiples occupations du ministère. Veiller, c'est garder vivant le désir de Dieu ; prier, c'est demeurer en dialogue avec Celui qui partage nos combats, nos joies, nos souffrances et nos inquiétudes ; se tenir prêt, c'est vivre chaque journée comme un pas vers la rencontre définitive avec le Seigneur.

Le temps passe vite et la vie humaine est courte. Nous ne savons ni le jour ni l'heure où le Maître reviendra. Voilà pourquoi notre existence entière doit devenir une préparation à cette rencontre. Renoncer à ce qui alourdit notre cœur, accueillir chaque jour davantage l'amour de Dieu, laisser grandir en nous la charité : telle est la véritable vigilance chrétienne. Le Père Célestin nous laisse précisément cet héritage. Il nous montre qu'une vie humble, cachée, persévérante et profondément enracinée dans la prière peut transformer durablement une Congrégation, une Province et toutes les personnes rencontrées sur le chemin.

À vous également, chers membres de sa famille, l'Église adresse une parole de consolation. Vous avez offert au Seigneur un fils, un frère, un parent qui n'a jamais cessé de vous aimer tout en élargissant son cœur à la grande famille de l'Église. Votre douleur est légitime, mais votre espérance l'est davantage encore. La foi est une richesse incomparable. Elle nous apprend à regarder autrement la maladie, la souffrance et même la mort. Au cours de ses dernières années, marquées par l'épreuve de la maladie, le Père Célestin est demeuré d'une sérénité admirable. Il est resté constant dans sa foi, fidèle à sa vocation et profondément résilient dans la souffrance. Jamais il ne s'est laissé vaincre par le découragement. Il savait en qui il avait mis sa foi et sa confiance. À l'image de saint Paul, il pouvait dire : « Je sais en qui j'ai mis ma foi. » Cette certitude intérieure lui donnait une paix que la maladie ne pouvait lui enlever. Son témoignage nous rappelle que la foi ne supprime pas la souffrance, mais qu'elle donne la force de la traverser dans l'espérance.

Il est normal de pleurer aujourd'hui le Père Célestin. Les larmes sont le langage de l'amour. Mais demain, il nous faudra recevoir le flambeau qu'il nous transmet. Il nous faudra assurer la relève, devenir chacun, à notre manière, une source de grâce pour ceux que Dieu nous confie. Il nous faudra devenir lumière dans un monde souvent obscurci par le doute, ressembler à ce feu que Jésus nous demande de garder allumé jusqu'à son retour. La plus belle manière de prolonger la vie du Père Célestin est de continuer son témoignage de fidélité, de service, de communion et de prière.

Jésus n'a jamais expliqué le mystère de la souffrance ni celui de la mort. Il les a assumés dans une confiance totale envers son Père. Il a connu l'angoisse de Gethsémani, le silence de la croix et le cri de la souffrance. S'il a traversé ces ténèbres, c'est pour éclairer les nôtres. Lorsque notre prière devient difficile, lorsque notre cœur ne sait plus que crier vers Dieu, le Christ prie avec nous. Il transforme notre douleur en espérance et notre faiblesse en chemin vers la vie. C'est pourquoi, aujourd'hui, même dans les larmes, nous pouvons rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu'il a accompli à travers le ministère du Père Célestin et pour le témoignage lumineux qu'il laisse à notre Congrégation.

En cette Eucharistie célébrée en sa mémoire, nous confions le Père Célestin à la tendresse infinie de Dieu. Nous croyons que le Seigneur accueille aujourd'hui son serviteur bon et fidèle et lui ouvre les portes du Royaume préparé depuis toujours pour ceux qui l'ont aimé.

Permettez-moi enfin de conclure avec cette magnifique pensée d'un poète qui exprime admirablement notre espérance chrétienne : « La mort, ce n'est pas l'obscurité ; c'est la lampe qui s'éteint parce que le jour se lève. » Pour le Père Célestin, la lampe de cette vie terrestre s'est éteinte, mais c'est parce que s'est levé le Jour sans déclin, celui du Christ ressuscité. Que le Seigneur lui accorde le repos éternel, qu'il fasse briller sur lui la lumière qui ne s'éteint jamais et que son exemple nous aide, jusqu'au dernier jour, à demeurer nous aussi en tenue de service, les reins ceints et les lampes allumées, dans l'attente joyeuse de la venue de notre Maître. Amen.

                                                                                                                 Père Jean-Paul MUSANGANIA KOMBI , A.A

Catégorie : Sacra
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